Au Pays d'Elles

du trauma de l’enfance à la conquête de soi : Ou comment la peur nous fige dans notre projet de vie.

Peur quand tu nous tiens

« Tout ce que vous avez toujours voulu se trouve au-delà de votre peur. »

Georges Addair

 

Définition : La peur est une émotion ressentie généralement en présence ou dans la perspective d’un danger ou d’une menace. Elle est une conséquence de l’analyse du danger et elle permet au sujet de fuir ou de la combattre. La peur désigne aussi l’appréhension liée à des situations déplaisantes, elle est créée par un flux d’émotions telles que la tristesse et la colère.

 

La peur : ce trouble de la pensée

« La peur est la sœur de l’imagination. » Roseline Cardinal

Elle nous envahit. Elle s’insinue dans les moindres recoins de nos pensées. Elle nous fige. Elle nous donne mal au ventre. Elle nous fait douter de tout et tout le monde. Elle est inconfortable, et nous empêche d’avancer, sclérosant nos envies d’actions.  Elle est bien souvent irrationnelle, et sans rapport avec la réalité des faits. Elle est mauvaise conseillère car lorsque le cerveau doit gérer une peur, il n’est plus à même de bien juger de ce qu’il se passe vraiment et d’y donner une réponse adéquate. Nous pouvons faire face à de nombreuses peurs, que ce soient des peurs personnelles comme celles de faire des choix, ou de peurs en relation avec les difficultés qui sévissent dans notre monde. La crise sanitaire que nous traversons en ce moment nous prouve combien nous sommes tous énormément stressés et en proie à des peurs multiples qui dominent nos esprits.

La peur : ce trouble lié à l’enfance

« Nous devons à nos enfants – les êtres les plus vulnérables de toute société – une vie exempte de violence et de peur. »  Nelson Mandela

Nos traumatismes de l’enfance sont un fardeau que nous portons à l’âge adulte. Ces blessures émotionnelles nous font éprouver des sentiments qui mélangent la peur, l’impuissance, la détresse, la mauvaise estime de soi, une confiance en soi faible voire inexistante.

Ces traumas qui se passent à l’enfance viennent modifier le fonctionnement de notre cerveau et de notre corps, et c’est ainsi que l’émotion de la peur infiltre nos cellules.

Pour moi qui ai subi la peur terrible de l’abus sexuel incestueux, je sais combien il est difficile pour les victimes de violences sexuelles de se débarrasser de ce fléau. La peur contamine les moindres recoins de notre personnalité, et lorsque les victimes deviennent adultes, cette même peur continue le travail de démolition psychique. Pour peu que cette même victime devienne la proie d’un prédateur, alors c’est une terreur qui s’installe en dedans et qui ne la quitte plus. Le « loup » n’aura plus qu’à la dévorer à petit feu, lentement la savourer jusqu’à s’en lécher les babines de cette chair fraîche, dont il ne restera rien que la chose morte qu’il méprisera du haut de sa superbe !

Entretenir la peur chez une victime, c’est une des stratégies des prédateurs.

Se débarrasser définitivement de cette peur sera la seule voie pour la victime de s’en sortir. Car on peut fuir bien-sûr, mais on ne fuit pas la peur, elle nous rattrape. Il nous faut l’éradiquer.

La peur : le courage

« Tu as trouvé ton chemin. Peu de gens en ont le courage. Ils préfèrent suivre un chemin qui n’est pas le leur. » Paulo Coelho

Il n’y a pas de courage sans peur. Il n’y a pas de gens courageux qui n’aient expérimentés en premier la peur. C’est un long cheminement parfois que d’oser affronter cette émotion, d’autant plus loin que le courage a été combattu par des forces infiniment plus intenses. Lorsque des parents, des éducateurs, des manipulateurs nous ont insufflé ce terrible sentiment de ne rien valoir, de n’être que de fragiles choses incapables de se battre, de surmonter les difficultés, de se battre.  Lorsqu’ils nous ont incités à suivre une voie et à écouter une voix, la leur. Les conditionnements font de l’enfant qui grandi un être qui ne sait pas toujours qui il est, ni ce qu’il vaut. La peur n’est pas forcément négative. Elle le devient lorsqu’elle nous immobilise. Lorsqu’elle nous empêche de mener nos combats parce que nous pensons ne pas être en capacité de gagner. 

Trouver la force de dire, de faire, de sortir des silences lorsque l’on a été victime d’inceste, est un long chemin qui demande beaucoup de courage, de persévérance, de volonté, de patience. Cela demande de prendre du recul par rapport à certaines situations. Le courage de se confronter à ses peurs n’est pas inné. Il se construit.

 

La peur : incompatible avec la quête de soi

« Ne fuis pas un défi parce que tu as peur. Cours plutôt vers lui, car la seule façon d’échapper à la peur, c’est qu’elle foule sous tes pieds. » Nadia Comaneci

Tous les héros connaissent la peur. Même les plus vaillants. Même les plus costauds. « Où serait le mérite, si les héros n’avaient jamais peur ? » Alfonse Daudet.

Les vrais héros parviennent à se servir de cette peur comme d’un objectif à atteindre : modifier les émotions qu’il vit à l’intérieur de lui, dans son combat intime, afin de devenir plus fort que les craintes, les culpabilités, les frayeurs, les doutes, le sentiment d’impuissance, etc. Armé d’une conviction à toute épreuve, ou bien d’une foi infinie, il va se faire confiance et mener au bout, les missions qu’il se donne.

Nous sommes tous les héros de nos vies. Nous pourrions tous être des personnages de romans. Nous sommes tous en quête de notre histoire et de notre être profond. Et nous devons tous à certains moments affronter nos peurs, qu’elles soient fondées ou non. Ne pas faire le choix d’oser nous débarrasser de cette inquiétude morbide qui s’immisce en nous serait comme un venin dans notre projet de vie.

Notre passé est bien souvent la source de notre mal ; ce mal a forgé la peur ; cette peur est une faille dans le système émotionnel qui mène à l’échec. La réussite, c’est d’accepter nos peurs mais de les surmonter.

 

 

Thalia Remmil

 

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