Au Pays d'Elles

du trauma de l’enfance à la conquête de soi : Pour être soi-même, il faut quitter les masques.

La persona, ce masque du faux

« Parlez au chien dans la langue du chien de ce qu’aime le chien.

Sinon, le chien va vous ignorer ».

Bryan Eisenberg

On m’a dit : « Diriges-toi vers ta vérité » J’ai demandé : « Où est-elle ma vérité ? »

On m’a répondu : « Enlève tes masques et tu la trouveras ! »

Bryan Eisenberg est une autorité de renommée internationale et un pionnier du marketing en ligne. Mais ce n’est pas le sujet ici, me direz-vous.  Dans la conception marketing, une persona est une personne fictive dotée d’attributs et de caractéristiques sociales et psychologiques qui représente un groupe cible. Définition Wikipédia.

Le mot persona vient du latin, il désignait le masque que portait les acteurs de théâtre.

Pour Carl Gustav Jung, médecin psychiatre, la persona n’est qu’une interface entre l’individu et la société. Il s’agit donc d’un masque social que l’on porte afin de faire croire aux autres ce que nous souhaitons qu’ils croient de nous, souvent parce que nous avons besoin de nous valoriser et de ne pas perdre la face mais aussi parce que nous pensons réellement être cette personne cachée derrière cet artifice.

Nous agissons comme si notre vie était une pièce de théâtre dans laquelle nous jouons un rôle, voire plusieurs rôles. Si ces masques que nous portons peuvent nous sembler nécessaires parfois pour nous sentir mieux en société, ils n’en restent pas moins des masques, et qui dit masques dit déguisements, voire mascarades.

Dans cette autobiographie, j’aborde de façon personnelle mon chemin de vie et j’essaie d’apporter aux autres, et particulièrement aux femmes qui ont eu le même vécu que moi, quelques réponses ainsi que quelques solutions pour enfin accéder à la résilience. Lorsque j’aborde le sujet de la persona, je parle de quelque chose que je connais très bien pour en avoir porter beaucoup : le masque de la femme libérée, le masque de la femme heureuse, le masque de la femme indépendante, le masque de la coupable, le masque de la « je vais bien,tout va bien », etc…

La persona : là où tout est faux

« Le plus difficile dans la vie est de vivre et de ne pas mentir…et…de ne pas croire ses propres mensonges » Fiodor Dostoïevski

Là où tout est faux, il fait sombre et la lumière ne peut entrer. Bien sûr que nous pouvons avoir besoin quelquefois de nous montrer sur notre meilleur jour, de porter un costume qui nous met en valeur, de sourire alors que nous n’en n’avons pas envie, de mentir pour mieux nous vendre à un employeur, de nous montrer fort alors que nous avons peur. Nous ne sommes pas vraiment honnêtes avec les autres ni avec nous-mêmes mais nous sommes conscients que nous agissons ainsi pour la bonne cause.

Tout ça n’est pas bien grave, et la société nous oblige souvent à ne pas nous montrer tels que nous sommes.

Les masques que nous portons deviennent un danger lorsque nous nous identifions à eux et que nous ne savons plus qui nous sommes. Alors les rôles que nous jouons finissent par être ce que nous pensons être notre vrai moi, et nous risquons de ne plus pouvoir créer aucune relation authentique. Se perdre et se mentir est facile, se trouver et se révéler à soi est un cheminement qui demande du courage.

 

La persona : Apprendre à trouver sa place pour s’en libérer

« Tu as trouvé ton chemin. Peu de gens en ont le courage. Ils préfèrent suivre un chemin qui n’est pas le leur. » Paulo Coelho

Que veut dire « trouver sa place » ? De quelle place parlons-nous ?

Chacun de nous souhaite trouver un emploi qui lui plait, qui lui correspond et dans lequel il se sentira à sa place.

Chacun de nous souhaite une relation amoureuse dans laquelle il aura le sentiment d’être heureux, bien accompagné, avec la bonne personne et au bon endroit.

Chacun de nous cherche « sa place » en ce monde. J’ai pour ma part, le sentiment que nous avons tous une mission en ce monde et que si nous trouvons comment la remplir, alors nous avons réussi notre vie. Je pense que je suis une maman avant tout mais que je suis née pour écrire, et pour apporter une pierre à l’édifice sur certaines causes que je défends comme l’enfance en danger et la femme en danger. Je pense aujourd’hui, avoir réussi à me libérer de tous les masques que j’ai portés parce que je ne savais pas du tout quel sens donner à ma vie, à part bien entendu, celui d’être une mère, et une grand-mère, qui est sans conteste le plus grand trésor que je puisse posséder. Mais, je manquais de ce quelque chose que je pouvais laisser à l’humanité, et en le trouvant, j’ai aussi trouvé cette place dans ce monde, j’ai trouvé mon chemin de vie, et j’ai déposé sur le bord de la route tous les faux-semblants, les déguisements qui me servaient de carapace. C’est ainsi que je me suis débarrassée du faux pour me vêtir d’une version de moi authentique, tout en devenant « un morceau du monde » dans lequel je me sens beaucoup plus à ma place.

La persona : incompatible avec la quête de soi

« Chaque jour, il faut repartir de la feuille blanche, plonger en soi, se mettre en quête de vérité et de beauté… » François Cheng

La quête de soi est ce cheminement vers soi qui nous nous permet d’écrire le livre de notre vie. Personne ne peut noircir les pages à notre place, encore moins la fausse version de nous-mêmes qui ne remplira alors qu’une fiction. Jean-Claude Kaufmann décrit cela comme « l’invention de soi », dans son livre « L’invention de soi : une théorie de l’identité. Il y explique comment cette conquête de soi en devenant sujet de son existence, est éprouvante et risquée. L’art d’inventer sa vie demande en effet une grande passion créative, mais nous expose à de nombreuses déceptions, chaque histoire personnelle étant forcément liée aux autres, à la société, à l’humanité.

Cette recherche d’identité est à mon sens liée à la quête de cette version de soi authentique libérée des leurres, des étiquettes que l’on se donne. Jouer un rôle est incompatible avec l’évolution personnelle si cette évolution est la conquête authentique de soi-même. L’aveuglement face à nos choix véritables est une entrave à ce grand projet que représente l’affirmation autant que l’acceptation de ce qui fait notre identité profonde.

Dans le fond, cette place que « Je » cherche n’est nulle part ailleurs qu’à l’intérieur de « Moi », et c’est en me délestant de tout ce qui n’est pas « Moi » que je peux trouver cet espace de vérité, sans camouflage.

Thalia Remmil

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