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Au Pays d'Elles

Du Trauma de l'Enfance à la conquête de soi

CHAPITRE 3 - L’Amour parfait sinon rien

Encore une référence à Alexandre Jardin. Je suis une littéraire et certains écrivains me font dire que je ne suis pas la seule avec cette folie romantique à la con, avec mes phrases parfois gnan-gnan, trop diluées pour certains, trop, c’est trop d’amour. J’écrirais toujours l’amour, on va me critiquer, on va tenter de me mettre à mal, on va m’affliger d’avis mitigés, parfois même carrément affligeants, voire méchants. J’en prends le risque. Un jour, il y a de ça quelques mois, peut-être deux ans, j’ai décidé – oui, c’est essentiel un jour de se décider – de commencer à faire ce pourquoi je suis faite : écrire. Ça m’aura pris un temps certain, ohh, quelques dizaines d’années, une paille, c’est quoi d’attendre cinquante ans pour réaliser ses rêves quand on a encore cinquante merveilleuses années qui nous guettent ? Je me fous de savoir que je vais vieillir, que mes doigts deviendront de moins en moins souples à taper les lettres, que mon corps, moins agile, moins vigoureux, moins en vie, me fera me sentir plus vulnérable. Je me fous de savoir que la mort s’approche à petits pas… ou même qu’elle viendra me faucher à ma plus grande surprise car moi, je veux être vieille, rabougrie, flétrie, toute ridée, les cheveux blancs, d’un blanc si blanc qu’il fera de moi la plus belle des vieilles. Elles me plaisent ces minuscules rides qui entourent déjà mes yeux lorsque je souris avec force et naturel, parce que j’aime sourire, j’aime m’habiller de joie, et d’éternité. La vie m’est apparu si souvent injuste, je me suis sentie si souvent impuissante. Aujourd’hui, j’aime ma vulnérabilité. Je viens à vous, en toute simplicité. Avec mes contradictions, avec mes incohérences, et je vous pose ici, ce qui fait de moi, cette femme imparfaite, mais le plus proche possible de sa vérité, j’aimerais que vous sentiez le parfum de mon authenticité, il porte un nom, celui que je signe lorsque j’écris.

Un jour, je me suis levée, avec l’intime conviction que je devais sauver ma peau du marasme dans lequel je me faisais vivre. Ce jour-là, je suis devenue impatiente de moi. J’ai réalisé à quel point, je m’étais éloignée de moi, à quel point j’étais responsable de cet éloignement, parce qu’au fond de moi, rester cette inconnue me confortait. On vit dans le confort que l’on se crée, le confort matériel, le confort de l’inconfort qu’on accepte tout en souffrant de notre malhonnêteté, de notre lâcheté à changer les choses.

J’avais peut-être trente-cinq ans lorsque j’ai lu Mademoiselle Liberté, d’Alexandre Jardin. Ce roman est resté inscrit dans mes cellules. Il en est ainsi de certaines lectures qui nous touchent à nous éblouir d’un nouveau regard, ou bien du regard qui dort véritablement au fond de nous, une explosion de mines au cœur, mon cœur qui fait bang. Au côté de Liberté, j’ai voyagé cet amour, en parfaite midinette romantique et douce rêveuse que j’incarnais, et que j’incarne toujours avec la sagesse de la femme mature ici et maintenant.

L’Amour parfait sinon rien !

La tentation du mal et du bien, la parfaite texture d’un enfer au paradis, ou d’un paradis en enfer, comme vous voulez. Parce qu’evidemment, à chercher quelque chose qui ne peut pas exister, on ne peut que côtoyer les flammes brûlantes de l’enfer tout en s’imaginant qu’il s’agit du paradis. Alors quand viennent se rajouter à ça les parades de l’enfance mises en place pour rester debout coûte que coûte, il y a fort à parier que la vie sera une accumulation d’illusions, chimères, fantasmes et leur troupe de faux-semblants et dénis. Une quête qui m’a emportée dans des contrées, comment dire ? des contrées hostiles ? Oui. Elles m’ont appris la ruse, elles m’ont appris le sang froid. L’amour aussi. Le mal amour. L’amour biaisé – j’avais écris l’amour baisé, lapsus révélateur ? L’amour à la dérive. L’amour en SOS. L’amour flingueur. L’amour à trois pattes – l’amour à quatre pattes, ça s’appelle la levrette mais c’est une autre histoire…

Mais ça m’a surtout appris qu’on n’est jamais conscient du potentiel énorme endormi à l’intérieur de soi.

Un matin, je me suis réveillée de ma très longue léthargie, une belle au bois dormant j’étais et le pire, c’est que c’est bien mon prince charmant qui m’a réveillée ! Comme quoi, on peut croire aux contes de fées. Je rigole ! je plaisante ! Cependant, c’est d’avoir cru aux contes de fées qui m’a fait être celle que je suis aujourd’hui. Je ne vais pas cracher dans la soupe. Bref, à partir de ce jour, je me suis attelée à devenir Thalia Remmil.

Pourquoi un pseudo ? Parce que l’écriture est la seule et unique chose qui m’appartienne en nom propre. Même si plusieurs personnes jalonnent sur ce parcours d’écrivaine, et m’apportent une aide précieuse, ce projet, je l’ai porté seule. J’ai eu les couilles de me lancer dans ce grand projet de l’autoédition. Et il en faut ! Je me suis dis des dizaines de fois que j’allais abandonner, mais je me serai abandonnée moi-même. J’ai voulu baisser les bras, me réfugiant dans l’imposture que je pensais être, mais j’ai refusé ce dur constat du manque total de confiance en moi. Je me trouve si souvent imparfaite.

Salvador Dali, un de mes peintres favoris écrivait : « Ne craignez pas d’atteindre la perfection, vous n’y arriverez jamais. » Cela ne doit pas vous étonner que j’admire cet artiste n’est-ce pas ? Parce qu’il est une personnalité hors normes et que ce parcours hors du commun lui a été insufflé à la racine de l’enfance, persuadé d’avoir « volé » la vie de son frère ainé décédé quelques temps avant sa propre naissance. C’est ainsi que Dali est devenu Dali, cet artiste génial, par ce désir volontaire de s’imposer en tant que lui et lui seul. Ne pas vivre dans l’ombre d’un autre… Une quête qui a mené cet homme, rebelle dans l’âme, à cette originalité inclassifiable qui a fait de lui cet artiste mondialement connu. Je pense qu’on aime ou qu’on n’aime pas. Et c’est top ! On ne dit pas d’un artiste de cette trempe : j’aime bien. Non ! On dit j’adore ou je déteste.

Ça, c’est moi. Je n’aime pas aimer bien. Je n’aime pas le linéaire. Je n’aime pas l’insipide quotidien tueur de désir. Je veux sentir et ressentir. Des explosions dans le cœur, des rires aux éclats avec les larmes qui coulent, des trucs qui vous font vous sentir vivants. C’est exactement ce que je ressens lorsque j’écris, je suis vivante. L’amour vibre partout en moi, et dans cette bulle où je m’isole alors avec mes animaux. Le temps n’a plus de prise sur moi, je vois mes doigts sautiller de lettre en lettre sur mon clavier, et quelquefois, je ne vais pas assez vite à taper, les mots sortent de ma tête trop intensément. On m’a reproché d’écrire trop bien. Je ne sais pas ce que cela veut dire que d’écrire trop bien. J’ai réfléchi, puis j’en suis venue à la conclusion, que je ne me lâchais pas assez, cherchant trop à faire du beau à lire. Parce que j’aime ça la beauté dans les mots. Mais je ne cherche rien. Ça sort de moi tout seul. Je regarde les mots défiler au fil des pages qui se noircissent. Est-ce que tous les écrivains écrivent ainsi ? Un peu comme s’ils étaient gouvernés par un état de transe, comme si les doigts étaient mus par un automatisme qui les guident, comme si l’inspiration était divine. Divine, elle l’est.

Le paradis existe, j’y suis. Lorsque j’écris, j’y suis. Alors je sais que je peux trouver une place en ce monde où je suis bien. Où je suis à ma place. Où je crée du lien avec l’autre. Cet autre, toi qui me liras. Pour ceux qui me connaissent déjà, car ils me suivent sur les réseaux sociaux, je suis avant tout une mère. La maternité m’a sauvée de tout. En devenant Maman, je suis devenue femme. Je nous appelle les fées mères. Nous sommes des guerrières, des combattantes. J’ai rencontré tellement de mères battantes. Prêtes à tout pour leurs enfants. Prêtes à donner leurs vies. Je peux dire que mes premiers pas sur cette terre, je les ai fais en donnant la vie, et que je serai prête à la donner encore pour eux. J’écris beaucoup autour de la maternité, c’est même le thème central de mes romans. L’écriture est un autre cri d’amour que je sème au grè de mes états d’âmes, de ma rage de vivre, de ce que je crois être ma mission pour cette vie terrestre. Laisser une trace de ce combat pour la liberté d’être soi-même. Parce que je parle au nom de nous toutes, femmes, mères, guerrières, qui avons été des filles à la vie volée.

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