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Au Pays d'Elles

Du Trauma de l'Enfance à la conquête de soi

CHAPITRE 1 - Je me demande qui on est quand on naît

Je me demande qui on est quand on naît, je me demande si avant même de naître, dans le ventre de sa mère, on s’attend à ce tourbillon incessant qui va faire de notre vie, une dinguerie à laquelle on ne s’attendait pas, une dinguerie, certes fabuleuse, qui nous procure l’envie de se battre, mais qui nous donne aussi si souvent l’envie que tout s’arrête, là, ici, point final, je n’en peux plus, je voudrais juste crever, qu’on me laisse tranquille, loin de tout, de ce monde où jamais je n’aurais ma place, chienne de vie, mais qu’est-ce que j’ai fait dans mes autres vies antérieures pour que Dieu m’inflige tout ça ?

Vous avez le bonjour de Calimerotte. Une calimerotte qui a décidé un jour de prendre sa vie en mains, de tenir le volant fermement et de détenir un des plus beaux cadeaux que la vie puisse nous faire, la conquête d’elle. Elle, et rien qu’elle. Juste un face à face avec elle. C’est un duel dans lequel on ne sait jamais qui va gagner que celui de s’affronter, ce sont des millliers de combats plus ou moins ardus que nous nous devons de regarder en face, droit dans les yeux, sans détourner ce regard, sans se farder une nouvelle fois d’un maquillage qui, à la moindre pluie, dégoulinera laissant les traces obscures d’un passé noir, ce thriller de notre existence dans lequel nous sommes le héros, en quête de sa légende.

Ce matin, alors que je travaillais chez un de mes clients, j’ai saisi au vol une des phrases qu’il m’a dite – j’adore ça lorsque je suis happée par quelques mots sortis comme ça, spontanément de la bouche d’un autre -. Il a dit « Nous ne prenons pas conscience, à quel point nous sommes fragiles en ce monde ». Je l’ai regardé avec ce regard tendre que j’offre aux autres lorsque d’un coup, je découvre chez eux cette humanité, et que je me dis que certains hommes valent vraiment la peine qu’on s’y attarde. Puis, je lui ai répondu « Oui, c’est vrai que tout peut basculer si vite, mais je pense que nous ne prenons pas conscience non plus à quel point nous pouvons être forts ».

Cette force que je portais en moi depuis toujours, je ne la soupçonnais pas. Cette force s’est imposée à moi alors que je traversais une des pires périodes de ma vie. Cette phrase de Nietzsche – je ne l’aime pas -, « Ce qui ne me tue pas me rend plus fort » a pris un sens différent. Mais je pense que Nietzsche aurait mieux fait d’écrire « Tout ce qui ne nous tue pas nous laisse en vie ».

C’est comme cette autre phrase « C’est la vie », ben non justement ! Ce n’est pas la vie ! Pourquoi devrions-nous toujours souffrir pour apprendre ce qu’est la vie ? Oui, les expériences nous font grandir, faisant du petit être que nous étions un adulte, mais en toute franchise, si le génie sortait de la lampe me proposant d’accomplir mes volontés, je lui demanderais volontiers de revivre mon enfance baignée d’une douce lumière et bercée d’une présence bienveillante de l’amour inconditionnel de ma mère. Ma mère. J’en parle souvent de cette femme qui reste encore aujourd’hui une inconnue à bien des égards, et une incompréhension. Presque une erreur de la nature, tant pour moi être une maman coule de source, être une maman est un don du ciel qui ne supporte aucun manquement, une magie de la vie qui sublime chaque acte porté à ses enfants.

Pourtant, des manquements à mon rôle de maman, j’en ai à mon actif. Se sont d’ailleurs là mes principaux regrets si regrets je devais avoir car « Regretter c’est souffrir deux fois ». Est-ce possible de ne rien regretter dans la vie ? Sincèrement, je ne le crois pas. Cette nostalgie du passé et de mes ratés ne m’embarque dans aucune négativité ni mal-être. Cette nostalgie me permet de me dire qu’il est urgent de ne plus perdre de temps et que le capitaine a bien raison en temps de guerre, impitoyable, où les canonniers éteignent les étoiles et assassinent les constellations, de crier haut et fort qu’il est grand temps de rallumer les étoiles ! Merci à nos poètes, merci Guillaume Apollinaire pour ce chef d’œuvre « Et depuis ce soir-là, j’allume aussi l’un après l’autre tous les astres intérieurs que l’on avait éteints ».

Moi aussi, depuis quelque temps déjà, pourtant pas si lointain, je rallume tous les astres intérieurs, ceux que certains autres ont tenté d’éteindre et ceux que j’ai laissé s’éteindre. Nous sommes, il est vrai, les cocréateurs de notre monde, celui qui nous semble être le plus en justesse avec nos accords, cette harmonie aux sons desquelles nous allons enfin pouvoir danser au vent léger de nos rêves. J’ai écrit besoins, puis je me suis ravisée, j’ai écrit rêves. J’adore cette phrase de Richard Bohringer « Aime-la cette vie. Casse-lui la gueule. Bouleverse-toi d’elle. Elle te donnera des ailes. »

Des ailes ! Voilà. Deux grandes ailes pour ce grand voyage qu’est la conquête de soi.

Au Pays d’Elles, du trauma de l’enfance à la conquête de soi.

Elles. Ce livre je l’écris pour les femmes qui se retrouveront dans mon parcours. Je l’écris aussi pour tous ceux qui partagent leurs vies avec ces femmes. Pour mieux comprendre ce qu’est l’existence et le combat à mener contre soi-même qui n’est justement pas soi-même, lorsque tous les dès sont pipés dès le départ… de la vie… peut-être même avant la naissance. J’ai aujourd’hui, au moment où j’écris le premier chapitre de ce livre, cinquante-six ans, je suis maman de deux grands enfants et mamie d’un adorable bout de chou qui a fêté ses deux ans.

Le bonheur, notion toute relative à chacun, est souvent là, posé, tout près de nous, attentif à nos choix, nos décisions, serein, patient, amusé parfois de nos déferlements d’états d’âme. Je ne détiens pas de définition du bonheur, sauf le rire étincelant de cet enfant qui court vers moi en criant « Mamie, Mamie !! », sauf les papillons qui virevoltent dans mon ventre à l’approche d’un murmure d’amour, chuchoté à l’orée de mon cœur, presque imperceptible, tant cet amour a peur, si peur, de ne pas être à la hauteur, de se ridiculiser, de se tromper et de se briser. Et mon cœur, alors craintif de se tromper aussi, une nouvelle fois, figé, comme dans une crise identitaire, adolescent attardé, muet et aveugle, criant en sourdine, hurlant de ces attentes et de ses manques, chaud bouillant, cocotte minute en état proche de l’implosion, mon cœur voudrait, mon cœur pourrait, mon cœur est indécis.

Voilà, nous sommes le 19 juillet 2020. J’écris pour exorciser, j’écris pour soigner mes peines, j’écris pour vous confier mon âme, j’écris parce que mon corps en a besoin, parce que « nous avons tous en nous quelque chose de Tennessee qui nous pousse vers la vie, cette force qui nous pousse vers l’infini, le corps en fièvre et le cœur démolli, comme une étoile qui s’éteint dans la nuit… » Michel, merveilleux et sensible Michel, comme je connais aussi cette main qui nous pousse vers l’infini, vers cette étoile du Berger qui brille si fort, qui nous fascine.

Mon tramway à moi se nomme l’Amour. J’aimerais vous partager mes vagues, silencieuses, restées bâillonnées trop longtemps, mes déferlantes, soudaines et brutales, enfermées elles aussi, et qui n’en pouvaient plus de gronder dans un corps de femme où la petite fille s’imaginait à tort qu’elle ne réussirait jamais à se frayer un passage vers la lumière.

Qu’il est long ce tunnel, qu’il est sombre, et qu’il semble dangereux.

Combien de souffrances supportons-nous de nous infliger, au nom de nos traumas d’enfance ?!

Qu’il est lumineux le sentier qui mène à nos ténèbres, cailloux pesants, lourdeurs incisives, noyaux durs de nos conditionnements, de nos croyances, de nos actes défensifs. Au beau milieu du noir de notre chemin, et si l’on se donne la peine d’appuyer sur l’interrupteur, il y a l’espoir. L’espoir, c’est une étoile. Une étoile en révèle une autre. D’étoile en étoile, tout notre ciel s’éclaircit. Bondir sur les astres de notre galaxie, attraper au vol les rêves, se blottir dans la couette cotonneuse de nos idéaux, s’endormir avec confiance, puis se réveiller aussi nu qu’un nouveau-né, prêt pour une nouvelle grande aventure. La quête de soi est une conquête. Sans doute la plus intense, la plus touchante, qu’il nous soit donné d’accomplir.

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